Les éléphants de forêt

Fleuve Congo elephant

Les origines de l’éléphant de forêt

L’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) a été longtemps considéré comme une sous-espèce de l’éléphant de savane. Les scientifiques ont fini par trancher. Il s’agit bien d’une espèce distincte comme les analyses ADN l’ont démontré. Cependant, les deux espèces peuvent se croiser et produire des hybrides.
Selon la paléogénétique, les éléphants de savane et de forêt d’Afrique se sont séparés il y a environ 5 à 2 millions d’années. Au cours des 500 000 dernières années, ils ont vécu isolés les uns des autres et ne se sont pas croisés. L’analyse de l’ADN de l’éléphant de forêt à défenses droites (Paleoloxodon antiquus), qui vivait en Europe il y a 120 000 ans, a montré que c’est avec lui que le Loxodonta cyclotis est le plus proche, et non l’éléphant de savane.

La hauteur au garrot de l’éléphant de forêt est en moyenne de 2,40 m. Il est donc beaucoup plus petit que les éléphants vivant dans la savane (3,50 m). L’éléphant de forêt a également des poils bruns plus épais et des oreilles arrondies. Comme son nom l’indique, l’éléphant de forêt d’Afrique vit dans les forêts tropicales d’Afrique et joue un rôle important dans la dispersion des graines de nombreuses plantes.

L'éléphant de forêt d'Afrique peuple les forêts du bassin du Congo

L’éléphant de forêt d’Afrique est originaire des forêts humides d’Afrique de l’Ouest et du bassin du Congo. C’est la plus petite des trois espèces d’éléphants vivants. Les deux sexes ont des défenses droites pointant vers le bas, qui éclatent lorsqu’ils ont 1 à 3 ans. Il vit en groupes familiaux pouvant compter jusqu’à 20 individus. Son alimentation est constitué de feuilles, de graines, de fruits et d’écorces d’arbres. Il contribue de manière significative au maintien de la composition et de la structure des forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest et des forêts humides congolaises. La première description scientifique de l’espèce a été publiée en 1900. Au cours du XXe siècle, la chasse excessive a entraîné une forte baisse de la population et, en 2013, on estimait qu’il restait moins de 30 000 individus. L’état de conservation des populations varie selon les pays de l’aire de répartition. Depuis 2021, l’espèce est classée en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN.

L'éléphant de forêt "en danger critique d'extinction"

L’éléphant de forêt d’Afrique est désormais une espèce « en danger critique d’extinction ». Il est menacé par la perte d’habitat, la fragmentation et le braconnage. Le commerce de l’ivoire à destination d’Asie est la première des causes de l’abattage illégale des éléphants. L’éléphant de savane d’Afrique, son cousin, est considéré lui comme « en danger ».
L’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis), plus petit que son cousin des savanes vit essentiellement dans les forêts d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest. Sa population a chuté de 86% en 30 ans et il est désormais considéré comme en danger critique d’extinction.
De son côté, les éléphants de savane (Loxodonta africana) a vu sa population diminué d’au moins 60% ces 50 dernières années, et se retrouve classé « en danger ».

Comportement des éléphants de forêt

De nombreuses informations sur le mode de vie de l’éléphant de forêt proviennent d’animaux de la zone de conservation de Dzanga Sangha, où des études correspondantes ont été lancées en 1990. Comme l’éléphant de savane, l’éléphant de forêt est un animal social. En moyenne, un troupeau se compose de trois individus. Dans la zone des clairières forestières, qui représentent d’importants points de contact social, des troupeaux plus importants de 20 à 100 animaux peuvent également se regrouper. Cependant, ils se désintègrent à nouveau relativement rapidement. Ce système social, connu sous le nom de fission-fusion, se retrouve également chez l’éléphant d’Afrique de la savane. En revanche, les groupes d’éléphants de forêt sont plus petits et moins stables, ce qui est lié à la plus faible répartition des prédateurs potentiels dans les forêts denses.

Taille des groupes des éléphants de forêt

La taille des groupes familiaux peut varier selon l’habitat. Par exemple, dans le parc national d’Odzala en République du Congo, des troupeaux avec moins d’individus en moyenne que dans des paysages plus ouverts ont été observés. Contrairement également à l’éléphant de savane, les mâles d’éléphants de forêt forment rarement des groupes de célibataires, mais les mâles plus jeunes vivent parfois en communauté. Les mâles mènent leurs compétitions sociales et luttes pour la domination surtout dans les clairières. Il existe également des éléphants solitaires des deux sexes et de presque tous les groupes d’âge. L’éléphant de forêt est actif pendant la journée, il se repose environ quatre heures par jour. Une phase de repos plus courte a lieu le jour, une plus longue la nuit. Selon les observations dans la zone de conservation de Dzanga Sangha, la plus grande activité se déroule entre 12h00 et 21h00.

Superficie de la zone d’habitat

Le rythme circadien principal consiste à chercher de la nourriture et à migrer vers les différentes zones d’activité. Les animaux individuels parcourent jusqu’à 25 km en 48 heures, mais dans l’ensemble, les mouvements migratoires ne durent pas aussi longtemps que pour l’éléphant de savane. Au cours de ses déplacements, l’éléphant de forêt crée des chemins qui s’étendent sur plusieurs kilomètres et relient les différents points d’activité entre eux. Les sentiers bien fréquentés peuvent mesurer plus de 1 m de large. Les troupeaux et les solitaires utilisent des zones d’activité qui couvrent une superficie de 500 km² et plus. La taille moyenne du domaine vital sur la base de plus d’une douzaine d’individus examinés, est d’environ 713 km² dans la réserve présidentielle de Wonga Wongué au Gabon. Les animaux mâles se déplacent en moyenne sur une superficie de 965 km², soit presque trois fois plus grande que celle des femelles avec 354 km². Dans le bassin du Congo, les animaux changent quotidiennement entre les différents types de végétation : des forêts tropicales humides aux prairies ouvertes. De ce fait, ils parcourent environ 7 à 8 km en 24 heures, ce qui correspond à une migration annuelle de 2840 km. Ils passent les deux tiers de leur temps dans les forêts tropicales humides. Le reste de leur temps dans les zones herbeuses ouvertes. Les forêts sont principalement visitées pendant la journée pendant la période d’ensoleillement, c’est pourquoi les animaux choisissent principalement des zones à forte densité d’arbres et de broussailles.

Système de communication des éléphants de forêt

La communication entre les éléphants de forêt se fait via différentes vocalisations. Comme les autres éléphants, l’éléphant de forêt a également une excellente ouïe et est capable d’émettre et de percevoir des sons de basse fréquence jusqu’à 5 Hz. Il s’agit principalement du barrissement, qui est de loin la vocalisation la plus courante de l’éléphant de forêt. Il sert notamment à communiquer entre eux, à localiser les membres du troupeau et à coordonner la migration commune. Les sons de basses fréquences permettent la communication sur de longues distances. En plus du barrissement bien connu, il existe toute une palette de sons de fréquences plus élevées. La plupart des sons combinés sont émis la nuit.

Lors des Expéditions Ducret, nous vous proposons de passer une nuit sur les bords d’une clairière fréquentée par les éléphants. Vous pourrez alors être le témoin de l’intense communication des éléphants la nuit. Retrouvez plus d’informations sur la page croisières safari.

LES GORILLES DES PLAINES

Préservation Congo - Animaux

Une espèce menacée mais encore en grand nombre au Congo Brazzaville

Le gorille des plaines occidentales est certainement la plus nombreuse et la plus répandue de toutes les sous-espèces de gorilles : le dernier recensement fait état d’une population bien plus importante que prévue. Elle reste malgré tout une espace menacée sur laquelle pèsent de nombreuses pressions. On estime que la population de gorilles disparait à raison de 2,7 % par an et entre 2005 et 2013, 19,4% de leur population aurait déjà disparu. Selon les experts, cette tendance peut être renversée si les bonnes politiques sont mises en place.

Habitant certaines des forêts tropicales les plus denses et les plus reculées d’Afrique, leur nombre a souvent été sous-estimé. Des populations importantes existent encore, y compris dans les marécages isolés et les forêts marécageuses reculées de la République du Congo. Une étude menée en 11 ans sur 59 sites dans cinq pays a pu évaluer en 2018 le nombre de gorilles des plaines de l’ouest à prêt de 360 000 individus. Les précédentes évaluations été comprises entre 150 000 et 250 000 individus. Cette population se répartit dans le Bassin du Congo entre le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale ainsi que dans de vastes zones au Gabon et en République du Congo. Cette dernière posséderait à elle seule près de 50 % de cette population de grands singes qui vivent à 80 % en dehors de zones protégées.

Quelles menaces pour l’espèce ?

Le braconnage reste la première menace à leur survie, devant la maladie et la perte de leur habitat naturel. Plus d’efforts pour lutter contre le braconnage, à la fois dans les zones protégées et en dehors, une meilleure planification de l’utilisation des sols et le développement du tourisme pourraient permettre une meilleure valorisation des espèces et aider à la préservation de l’habitat naturel de ces animaux.

Gorilles des plaines de l’Ouest : comment les identifier ?

Les gorilles des plaines occidentales se distinguent des autres sous-espèces de gorilles par leur taille légèrement plus petite. Ils peuvent mesurer jusqu’à 1,70 mètres pour les mâles et 1,3 mètre pour les femelles et peser jusqu’à 180 kg pour les mâles et 70 kg pour les femelles. Leur pelage est brun-gris et leur front roux orangé. Les mâles possèdent un pelage argenté de la nuque jusqu’à la croupe en descendant jusqu’au poil du pied. Ils ont le crâne plus large avec des arcades sourcilières plus prononcées et des oreilles plus petites que son cousin de l’Est.

Humains, chimpanzés, orang-outans, bonobos et gorilles des plaines de l’Ouest : qui est le plus proche cousin de l’homme ?

Une équipe internationale de plusieurs dizaines de biologistes et généticiens ont comparé les génomes des quatre « grands singes » modernes, rares survivants de la grande famille des Hominidés. Les chimpanzés sont assurément les plus proches parents de l’homme, avec 96 % des gènes communs. Les résultats de cette étude publiée en 2012 dans la revue britannique Nature prouve que cela se vérifie certes d’après les analyses, mais seulement dans 70% des cas. En réalité, 15% du génome humain est plus proche de celui du gorille que de celui du chimpanzé. Et 15% du génome du chimpanzé est à son tour plus proche de celui du gorille que de celui de l’homme. Selon les calculs de l’équipe internationale, les gorilles auraient divergé des humains et des chimpanzés voici environ 10 millions d’années, la séparation entre l’espèce humaine et celle des chimpanzés remontant quant à elle à quelque 6 millions d’années.

Que mangent les gorilles ?

Comme la plupart des autres primates, les gorilles sont végétariens mais également insectivores. Ils passent une bonne partie de leur journée à se nourrir, se déplaçant à la rechercher de baies, tiges, feuilles, écorce ou fruits qu’ils trouvent dans la forêt. Il n’est pas rare de les voir monter aux arbres afin de saisir les fruits qu’ils affectionnent. Dans les marécages ou les clairières, ils se nourrissent de plantes aquatiques riches en minéraux. Les insectes comme les termites et les fourmis constituent également son alimentation habituelle. Le gorille mange près de 20 kg de nourriture chaque jour.

Comment vivent les groupes de gorilles des plaines de l’Ouest ?

Les gorilles des plaines de l’ouest sont des animaux très grégaires vivant en groupes mixtes hiérarchisés comportant 2 à 20 individus (en moyenne 8). Le groupe est structuré autour d’un dos argenté, dominant, qui assure le rôle de protecteur et de géniteur. Plusieurs femelles et leurs petits constituent le groupe. Il arrive parfois que certains mâles non dominants se joignent aussi au groupe. Le dominant est cependant le seul mâle du groupe à pouvoir s’accoupler. Les femelles peuvent aussi quitter le groupe si elles considèrent que le dos argenté ne remplit pas sa fonction. Les Jeunes mâles forment aussi parfois des groupes à part de célibataires, en attendant de pouvoir former un groupe à leur tour.

Les groupes vivent sur une superficie de plus ou moins 30km². Sur une même zone peuvent vivre plusieurs clans. Il arrive cependant de voir deux dos argentés se battre pour récupérer une partie du harem. En récupérant des femelles, le dos argenté va souvent tuer les petits pour se reproduire plus rapidement avec les nouvelles femelles. Après cela, certaines femelles peuvent décider de quitter le groupe et de créer un nouveau groupe avec un nouveau dominant, mâle auparavant célibataire.

C’est souvent la femelle qui assure pendant plusieurs année la formation des petits. Elle va lui apprendre comment se nourrir, comment se comporter et comment survivre. Le père participe souvent très peu à l’éducation des petits, mais les protège en cas d’attaque. Il n’est cependant pas rare de voir le dos argenté passer de longues heures avec les plus petits.

Les gorilles présentent un taux de reproduction faible. La maturité sexuelle pour les mâles est d’environ 18 ans et 11 ans pour les femelles. La période entre deux gestations peut durer 5 ou 6 ans. Les petits gorilles des plaines de l’Ouest sont sevrés du lait maternel à 4 ans environ, ce qui est très tardif par rapport aux autres mammifères. La durée de vie en milieu sauvage est de 35-40 ans. Leur principal adversaire, en plus des maladies qui affectent davantage les plus jeunes, est le léopard qui rode dans les forêts tropicales.

Les gorilles communiquent entre eux à l’aide de cris, d’expressions faciales et d’attitudes. En cas de dérangement ou d’agression, le mâle cherche à impressionner l’intrus en criant et en frappant sa poitrine avec ses poings. Dans le cas extrême, il peut courir vers l’intru et le mordre. C’est ce que peuvent expérimenter les scientifiques lors du processus d’habituation d’un groupe à la présence humaine. Le processus peut durer entre 3 et 5 ans avec des visites quotidiennes.

Comment observer les gorilles en République du Congo ?

Le Congo Brazzaville est le pays qui compte le plus grand nombre de gorilles des plaines de l’Ouest. A peu près 200 000. Depuis une trentaine d’année, des scientifiques ont établis des camps dans différentes réserves afin de mener des recherches sur ce grand primate d’Afrique centrale.

Il est naturellement possible de le croiser en forêt, en particulier dans la Sangha. Pour les observer de près en revanche, il faut se rendre dans les grands parcs comme dans le Parc Nouabalé-Ndoki, où trois groupes sont suivis par des scientifiques et ainsi habitués à la présence humaine.

Lors des croisières que nous proposons au cœur de la forêt tropicale, nous nous rendons au camp scientifique de Mondika dans le Parc Nouabalé-Ndoki, où il est possible de pister l’un des trois clans en petit groupe de 4 personnes. Pendant à peu près une heure, il sera possible d’observer le groupe de gorilles à une distance de 7 à 10 mètres.